Le modèle face aux résultats
Nous avons appliqué exactement le même modèle aux sondages publiés avant chaque élection depuis 1965, en s'arrêtant la veille du premier tour. Le candidat en tête des prévisions a été élu 9 fois sur 11.
Un modèle probabiliste n'a pas « raté » une élection quand le favori perd : un candidat à 35 % de chances gagne une fois sur trois. Ce qui compte, c'est que les candidats donnés à 80 % gagnent environ 8 fois sur 10. 11 élections sont trop peu pour le vérifier pleinement, mais elles montrent où les sondages se sont trompés.
| Élection | En tête des prévisions | Chances | Élu | Chances de l'élu | Duel réel prévu à | Écart moyen au 1er tour |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1965 | Charles de Gaulle | 99 % | Charles de Gaulle | 99 % | 98 % | 3,2 pt |
| 1969 | Alain Poher | 96 % | Georges Pompidou | 4 % | > 99 % | 3,9 pt |
| 1974 | Valéry Giscard d'Estaing | 57 % | Valéry Giscard d'Estaing | 57 % | 88 % | 1,6 pt |
| 1981 | Valéry Giscard d'Estaing | 50 % | François Mitterrand | 35 % | 69 % | 2,3 pt |
| 1988 | François Mitterrand | 89 % | François Mitterrand | 89 % | 99 % | 1,4 pt |
| 1995 | Jacques Chirac | 98 % | Jacques Chirac | 98 % | 89 % | 1,6 pt |
| 2002 | Jacques Chirac | 50 % | Jacques Chirac | 50 % | 4 % | 1,5 pt |
| 2007 | Nicolas Sarkozy | 78 % | Nicolas Sarkozy | 78 % | 93 % | 2,2 pt |
| 2012 | François Hollande | 98 % | François Hollande | 98 % | > 99 % | 1,5 pt |
| 2017 | Emmanuel Macron | 91 % | Emmanuel Macron | 91 % | 67 % | 0,7 pt |
| 2022 | Emmanuel Macron | 83 % | Emmanuel Macron | 83 % | 97 % | 2,0 pt |
« Duel réel prévu à » : probabilité que le modèle donnait au second tour qui a effectivement eu lieu. « Écart moyen » : différence moyenne, en points, entre le score attendu et le score officiel des candidats suivis par le modèle.
Ce que montre l'historique
1969 — Alain Poher était en tête des prévisions (96 %), mais Georges Pompidou l'a emporté. Le modèle lui donnait 4 % de chances.
1981 — Valéry Giscard d'Estaing était en tête des prévisions (50 %), mais François Mitterrand l'a emporté. Le modèle lui donnait 35 % de chances.
2002 — le second tour Jacques Chirac – Jean-Marie Le Pen n'avait que 4 % de chances selon les sondages de la veille.
Les données de 1965 à 1995 sont maigres : quelques sondages d'un ou deux instituts seulement. Pour ces années, les prévisions sont surtout illustratives. Pour voir ce que disaient les sondages plus tôt dans chaque campagne, consultez Au même stade de la campagne.